Choisir sa tenue de yoga en faisant un détour par l’histoire

Choisir sa tenue de yoga en faisant un détour par l’histoire

  • #Dhoti
  • #Justaucorps
  • #Legging

Lorsque l’on rentre dans un cours de yoga, on a tendance à se retrouver dans un groupe à dominance féminine. Cette impression se confirme lorsque l’on recherche une tenue. Il est plus facile de se procurer un leggings et un crop top qu’une tenue d'homme. Avant de revenir sur mes recos pour une pratique confortable, faisons un rapide détour par l’histoire du yoga postural... pour découvrir ce qu’ont porté les yogis au fil du temps.

Tirumalai Krishnamacharya en dhoti

Nous devons beaucoup à Tirumalai Krishnamacharya pour le développement du yoga postural moderne tel que nous le connaissons aujourd’hui (enchaînement de positions, cours en groupe, etc). Krishnamacharya était un maître yoga ayant ouvert une école à Mysore (Inde du Sud) au début du vingtième siècle, à la demande du Maharajah du royaume. Ses premiers élèves étaient des adolescents indiens. Si nous nous rendions dans cette école à l’époque, nos voisins de pratique seraient donc majoritairement des garçons. De jeunes hommes, vêtus d’une simple dhoti ou d’une longhi, et torses nus. La dhoti est une étoffe de coton à nouer autour de la taille et dont un des pans glisse entre les jambes pour ensuite être attaché dans la ceinture. Le coton fait de cette tenue un vêtement aéré et léger, idéal pour la réalisation de mouvements qui font transpirer, surtout dans un climat chaud.

Sur des photos de l’époque, on peut apercevoir ces yogis vêtus d’une dhoti, pratiquant à même le sol ou sur un simple tapis de coton fait à la main sur un métier à tisser.

dhoti

Occidentalisation des tenues

Lorsque Indra Devi, B.K.S. Iyengar ou Pattabhi Jois, trois des étudiants les plus connus de Krischnamacharya ont exporté ce séquençage de postures dynamiques en Occident, les tenues ont été adaptées aux pays et à l’époque.

Indra Devi, née Eugénia Peterson, fût la première femme étrangère à recevoir les enseignements de Krishnamacharya ; grâce au Maharaja de Mysore. En effet, ce maître n’enseignait alors qu’aux femmes de sa famille (et à ses élèves de sexe masculin). Indra Devi exportera ensuite cet enseignement à l’étranger : d’abord, à Shanghai (Chine) ; puis en Californie (Etats-Unis), où elle s’installe vers 1947. Indra Devi y enseigne de manière plus douce que son maître indien. Elle veut s’adresser à un public diversifié : aux femmes et aux hommes, aux jeunes et moins jeunes. Elle enseigne en évitant d’employer des termes spirituels pour que cette pratique soit accessible au plus grand nombre.

Les tenues de ses élèves sont adaptées, de manière occidentale, à l’activité physique. En effet, on peut apercevoir sur des photos de l’époque, des étudiants en justaucorps ou petits shorts.

Ezrati

Quant à B.K.S. Iyengar, il a été amené à beaucoup voyager en Europe et aux Etats-Unis, dans les années 1950 notamment. Il a ainsi répandu l’enseignement de sa méthode grâce à ses déplacements. Sa méthode diffère de celle de son maître Krishnamacharya : il utilise des accessoires (briques, sangles, bâtons, chaises, etc) pour ouvrir le yoga à tout le monde. Il entend inclure les personnes de plus de 40 ans, les personnes malades, ainsi que celles blessées ou souffrant d’un handicap, à la pratique posturale du yoga.

Les Nineties

On avance rapidement dans le temps, et on appuie sur pause dans les années 1990, la décennie qui marque le début du boom de l’Ashtanga Vinyasa Yoga aux Etats-Unis (méthode développée par Patthabi Jois). On retrouve notamment d’éminents pratiquants de l’Ashtanga Yoga dans une célèbre vidéo produite par YogaWorks en 1993. Dans cette vidéo, Chuck Miller, Eddie Stern, Maty Ezraty, Richard Freeman, Tim Miller, Karen Haberman pratiquent la première série guidée de l’Ashtanga Yoga vêtus de vêtements qui épousent la forme de leur corps pour plus d’aisance dans les mouvements, et aussi sûrement pour mieux supporter la chaleur créée par ce tonique séquençage de postures.

Ci-dessous, on peut apercevoir Maty Ezraty dans un justaucorps alors que Chuck Miller et Eddie Stern pratiquent en shorts cyclistes moulants.

nineties

 

Quelques années plus tard, au début du 21e siècle, le yoga est de plus en plus répandu en Occident. Des modèles, comme Christy Turlington, transforment le yoga en une activité physique tendance et indispensable au bien-être quotidien. 

Tout change. Rien ne change.

Ainsi, au fil du temps, l’attirail du yogi et de la yogini s’est finalement adapté à la mode et aux innovations de l’industrie du textile, mais le principe reste à peu près le même : on pratique pieds nus pour ne pas glisser sur son tapis, avec un bas confortable (leggings, pantalon léger ou short ; je recommande d’ailleurs de les choisir sans noeud pour l’aisance du ventre), et enfin avec un haut près du corps ou carrément moulant pour éviter qu’il ne s’échappe du buste en chien tête en bas.

En bref, au yoga, privilégiez le confort et venez comme vous êtes !